Comment vraiment s’y retrouver dans cette nébuleuse du parfum ? Qu’est ce qui correspond à quoi ? En gros, le parfum comment cela marche ? Un peu de transparence, ça n’a jamais fait de mal.


1ème étape de la fabrication : le concentré de parfum

A l’origine, il y a une envie, une idée de créer un parfum que celle-ci émane de marques confirmées ou de marques que l’on appelle plus communément ‘de niche’. Cette idée et son brief cheminent jusqu’à une grande maison de création de fragrances et arômes. Un nez (la personne qui crée la formule du parfum), salarié d’une de ces maisons, compose alors le parfum. Une fois le parfum validé, il est effectué une pesée des différents ingrédients entrant dans sa composition. C’est alors l’usine qui fabrique le jus ou concentré de parfum qui va réunir tous ces ingrédients pour respecter la pesée.

Elle va ensuite expédier le nombre de kilos de concentré de parfum nécessaires à la marque, variant en fonction des quantités à produire. Ce concentré est livré au conditionneur de la marque qui va procéder à toutes les étapes requises jusqu’au produit final.

Le concentré est conditionné sous forme de fûts dans lequel il entre en phase de maturation qui peut être plus ou moins longue selon le résultat final espéré (entre 1 et 2 semaines).


De la maturation à la macération.

C’est la mise en alcool du concentré de parfum. C’est là qu’entrent le jeu les nuances entre parfum, eau de parfum, eau de toilette et eau de Cologne. La concentration, tout est histoire de concentration. De cette phase de maturation est exclus ce que l’on appelle essence de parfum ou extrait de parfum car il s’agit de concentré pur, sans alcool, dosé entre 20 et 40%. Comme la nitroglycérine, il est à utiliser avec minutie, par petite gouttes sur un poignet, sur un décolleté.

L’eau de parfum est diluée dans l’alcool entre 12 et 25%. L’eau de toilette, plus légère et moins tenace entre 6 et 12%. Et enfin l’eau de Cologne connue pour sa fraîcheur et son côté aérien entre 1 et 5%. Bien qu’aujourd’hui des marques revendiquent une tradition Cologne mais en les formulant comme des eaux de parfum. Au dela de 25%, nous parlons d'extrait de parfum.

Cette décroissance dans le pourcentage de concentré, présent dans la solution alcoolique, suit souvent celle du prix en magasin. Logique.


Glacage et filtration

Une fois le temps de macération respecté qui peut varier entre 1 à plus de 4 semaines, il est temps de procéder au glaçage. On refroidit le mélange concentré de parfum plus alcool aux alentours des 0 degré pour précipiter les substances les moins solubles. On passe ensuite à la filtration qui va retirer ces formes d’impuretés et rendre le parfum limpide. Nous nous rapprochons presque de ce que vous portez sur la peau.


Coloration

Il reste encore deux étapes non obligatoires. Vais-je colorer mon parfum ? Même si certains ingrédients colorent naturellement le concentré au départ (comme peut le faire la vanille), c’est une autre chose que de décider d’une couleur de jus : un vert émeraude, un bleu lagon, un rouge cardinal… Il existe des colorants qui se mariant entre eux sont censés vous donner la couleur idéale. Mais la couleur est une donnée souvent très instable. Soumise à la chaleur ou la lumière (celles d’un linéaire de magasin), elle peut se mettre à tourner. Et votre joli jaune d’or devient un drôle d’orange Casimir. Pour éviter ce drame daltonien, on va ajouter à notre parfum des UV filter (comme ce qui peut vous protéger du soleil) afin de rendre stable le process de coloration. Le Covasborb est le plus utilisé dans la haute parfumerie.


Votre parfum est enfin prêt à être mis en bouteille, fermé puis mis en boîte et cellophané. Ainsi se déroule la vie d’une fragrance jusqu’à ce que votre flacon se trouve vide.

Au fond, ce qui reste le plus important est ce qui demeure dans le flacon. Ne dit-on pas ‘qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse’. Des sens, bien évidemment.