Parfum de vanille – Tarzan Tropical

Au cœur des forêts humides, d’Amérique Centrale à Nozy Bé, de l’île Bourbon à Java, la fleur de vanille se balance de lianes en lianes. Enfant sauvage de la grande famille des orchidées, la vanille avec sa couleur blanche ou jaune pâle adoucit par son parfum la dense végétation. Sa fleur reste l’objet de toutes les convoitises, tant ses amants sont nombreux. Ses fleurs sont regroupées en petits bouquets à l’aisselle des feuilles. C’est dans ce lit nuptial que le parfum de la vanille partage ses nuits. Entre le ballet des abeilles Euglossines qui pollinisent avec délice sa fleur et l’homme qui manie avec minutie l’aiguille à longue tige pour une fécondation naturelle. La fleur de vanille devient fruit. Cette gousse va passer par de nombreuses étapes de maturation pour se révéler adulte et exprimer tout son parfum. La vanille prend l’apparence d’un long bâtonnet noir et luisant. On la retrouve en cuisine mais également en parfumerie dont elle est devenue un ingrédient incontournable. On pense immédiatement au parfum de ‘Shalimar’ de Guerlain porté par nos mamans ou plus récemment en signature du séduisant ‘Fleur des Fleurs’ parfum d’Une Nuit Nomade. La vanille est l’odeur du réconfort, de l’enfance sucrée. Quand on l’associe à un bouquet de fleurs, elle met en avant les subtiles facettes du parfum des pétales tout en arrondissant parfois leur forte opulence olfactive. Si la fleur de vanille est un Tarzan tropical alors le cou des femmes est à n’en pas douter Jane, tombée en pamoison devant l’aventurier gourmand. Quand l’homme y plonge son nez, entend-on le parfum de la vanille crier au fin fond de la Jungle ? Le mystère demeure.

Un parfum de vanille sur la route

Année Psychédélique. Hallucination hippie au bord de la route. Je ramasse une fleur fraiche. Blanche immaculée, je la sens entre mes doigts m’échapper. Le parfum de cette fleur est fort. Un parfum qui sent la vanille. Autour de moi, il n’y a rien d’autre que de la poussière. C’est le désert. Je m’assois et me mets à rêver. J’ai de la vanille au bout des doigts et je me souviens des temps anciens. Je revois mon ami Jack Kerouac. Je l’entends me répéter ‘J’ai passé toute mon enfance dans les vagues hivernales de vanille autour du poêle de la cuisine.’

La fleur s’est posée dans la main, emportée par le vent. Elle ne deviendra pas gousse. Elle ne vivra pas sa mue de fleur en bâton chocolaté, ébène et poisseux. Cette vanille en tige qui de la pointe du couteau offre son parfum au palais de l’enfance. Multitude de grains plongés dans la tasse de lait chaud qui ouvrent les papilles en un bouquet de fleurs au parfum poudré. Je suis au bord de la route et ma fleur risque l’agonie sous les assauts répétés du soleil. Je la pose à l’ombre d’un cactus. Et si son parfum suave de vanille envahissait cette terre aride. D’un cimetière, l’on passerait au jardin d’enfants. Je repense à cette femme plus âgée, qui hier me quittait. J’avais fini par tomber addict de son parfum d’Opium, de ses traces de vanille en filigrane dans mon lit. J’ai pleuré un peu. C’est toujours un serre-cœur de perdre sa fleur aimée. J’ai pris la route. Demain, j’irais fouler les herbes hautes des dunes de Montauk. Il y aura sur ma veste en jean un peu du parfum de ‘Memory Motel’ d’Une Nuit Nomade. Des notes de tabac, de cuir et de vanille.

Vanille, parfum de synthèse

Huit hydrogènes, trois oxygènes et deux carbones. C’est la simple composition de la molécule de la vanille. Cette information est sans concession mais c’est un peu froid, non ? Sous la cloche de verre, il y a cette fleur quasi parfaite, avec ce ton pâle de jaune. Ouverte au vente et dont le parfum caractéristique est pour l’instant emprisonnée. Je regarde les équations sur le tableau noir et m’interroge. C’est si loin de ce qu’est pour moi la vanille. Un parfum de goûter. Un regard dans le rétro de mes six ans. Une grand-mère polonaise affairée à la préparation d’une crème anglaise. Les mains tachetées de noir, une galaxie de grains de vanille, une fois la gousse déshabillée. Je me souviens, seul dans cette grande salle à manger devant ce carré de brownie attendant de le napper d’une belle couche de neige fumante. Ce parfum de vanille, lacté à souhait, qui s’engouffre dans mon palais. Reine de gourmandise. Tandis que je dévorais, ma grand-mère s’affairait près de la fenêtre à organiser ses bouquets de fleurs blanches. Parfum de tubéreuses, roses, tulipes, Lys… J’ai souvent associé le parfum de la vanille à celles des fleurs, comme si le sucré s’entremêlait à la fraîcheur. Ce sont des instants inoubliables. Il y a peu j’ai rencontré une fille. Elle me plaisait un peu et je crois que c’est son parfum qui m’a envouté. Elle porte le parfum ‘Fleur des Fleurs’ d’Une Nuit Nomade. Chaque fois que je la vois, je retrouve cette mémoire ancienne où la vanille dansait avec les pétales de fleurs.

Un parfum à la Vanille – La brise de l’été.

Il y a cette plage au loin. Il y a ce jardin devant moi. Ici, c’est la Réunion et la nature n’a pas de limite. Sous mes yeux, des centaines de fleurs de frangipanier. Chaque coup de vent soulève avec mollesse leurs lourds pétales et leurs parfums sucrés aux contours de desserts. Je me suis allongé sur l’herbe et j’attends que sonne l’heure du Rhum. Un rhum préparé aux gousses de vanille. Au travers du bocal ambré, je distingue ces longs bâtonnets, légèrement courbe, rappelant le ballet nuptial des hippocampes. Le parfum de la vanille a voyagé dans l’air, le temps que les lourdes casseroles posées sur le feu fassent leur travail de caramélisation. La maitresse de maison, un petit plateau entre les mains et une fleur de frangipanier derrière l’oreille, a l’allure d’une amazone. Cela fait partie des bonheurs de l’été. Je trinque avec elle, sur mes lèvres s’accrochent quelques grains de vanille. Le rhum m’enflamme la gorge et mes pensées se mettent à zigzaguer. Les bretelles de la robe de Charlotte glissent sur ses épaules. Sa peau est recouverte d’une patine. Une couche de bronze au parfum de Monoï, où se mêlent parfum de vanille et fleurs de Tiaré. L’alcool accélère le rapprochement et l’été les histoires d’amour. Quand je serre Charlotte dans mes bras, ma tête s’engouffre dans sa chevelure à la texture épaisse et au parfum délicat. Elle m’avouera porter le parfum ‘Murmure des Dieux’, signature olfactive d’Une Nuit Nomade : accord de frangipanier et de vanille.

Rêve de Vanille – Parfum de Fleur

Ma nuit a commencé par un affreux cauchemar. Je suis au milieu d’une pièce blanche, seul et debout. Pas de meubles, il fait froid. Je suis triste. D’une tristesse insondable. Je sens une main se poser sur mes yeux et l’autre me glisser une goutte dans le cou. Apaisement. Je me réveille et je me sens mieux. J’ai un goût de vanille dans la bouche. Parfum à l’étrange réminiscence. Il est dit que l’huile essentielle de vanille permet de lutter contre la dépression. L’ange de mes pensées nocturnes m’a sauvé du précipice. Mais peut-être que ses mains n’étaient au fond que deux fleurs au parfum envoûtant. Car il y avait dans leur douceur quelque chose en plus. Je me perds dans mes volutes du café brûlant et songe à la délicatesse du parfum de cette fleur. Il y a dans le parfum de la vanille comme une roue de secours, une bouée jetée à la mer. Je peux m’y raccrocher à tout moment ; ça me rassure, me réconforte. Ça puise dans des souvenirs bien enfouis, la robe fleurie d’une amie en primaire. Elle devait beaucoup à l’étreinte de sa nounou qui aimait le parfum de la vanille. Quand Lisa arrivait tôt le matin, je me précipitais pour m’asseoir à côté d’elle en classe. J’oubliais le cèdre de taille crayon et fixais ses boucles blondes quand elle levait la main pour répondre à la maitresse. C’était un enchantement. J’aurais pu la manger tant elle était jolie, tant son parfum sentait bon. Lisa c’est ma madeleine de Proust à moi, une petite fille à la vanille avec un sourire en forme de fleur.

Fleur, l’hôtesse de l’air au doux parfum de vanille

L’avion à du retard. J’attends au Comptoir du Sud Pacifique. Destination finale Vanua Levu Fidji. Paradis sur terre. Cela mérite bien de laisser filer encore quelques heures. Le vol est de nuit et je prie pour avoir un voisinage de bonne compagnie. Premier coup de chance, les deux sièges d’à côté son vide. Je suis sur le point de m’endormir quand mon nez en décide autrement. Dans le frottement d’une paire de bas, d’une jupe crayon, un parfum de vanille poudrée est venu me titiller. J’ai retiré le cache posé sur les yeux et mener mon enquête. Une silhouette élancée comme une liane, traversait le couloir avec l’agilité d’une panthère. L’hôtesse de l’air des rangs 1 à 15 était donc responsable de ce doux parfum de vanille. Quand je l’ai arrêtée, j’ignorais tout de ce qui allait nous arriver. Elle s’appelait Fleur, en fait Tiare en tahitien. Sa beauté avait la promesse d’une île, sauvage et luxuriante. L’avantage des longs courriers c’est de permettre à deux cœurs de se rencontrer. Fleur m’a raconté son enfance à Moorea, à l’ombre du parfum des frangipaniers, sa mère cultivant la vanille, la mer émeraude et les poésies récitées face à l’orange enflammée du soleil couchant. Quand nous avons atterri à Nadi, je n’avais pas fermé l’œil. Fleur non plus. Nous nous sommes jurés de nous retrouver dans quatre nuits. Fleur ne m’a plus jamais quitté, son parfum de vanille non plus. Lors d’une de mes escales à Paris, je lui ai acheté un parfum, ‘Fleur des Fleurs’ d’une Nuit à Bali. Je ne pouvais trouvé mieux dans cet accord d’Ylang-Ylang, de Jasmin sur un fond de parfum de vanille.

Glace à l’italienne – le doux parfum de vanille

Au Sud de Naples, il y a ce parfum de dolce vita. Au loin, sous un ciel azuréen, je distingue Capri, Ischia & Procida. Le soleil en caresse sur la peau. J’ai comme une envie de sucre. Il y a près du port une Gelateria aux cents parfums. Mon regard s’amuse et mon estomac hésite. Je n’aime pas trop mélanger les saveurs, je suis mono parfum. Je la vois triomphante, dans son bac argent. Elle en a de l’aplomb cette vanille. D’un jaune pâle, à la texture onctueuse, si longtemps brassée qu’on sent son parfum de légèreté. Je choisis la vanille, sans l’ombre d’une hésitation. Farniente, farniente. La serveuse me dépose trois énormes boules dans un cornet en forme de fleur. Il y a plein de petits grains noirs, signe que cette vanille est bien naturelle. Je n’ose pas encore goûter, je ferme les yeux et hume son parfum. C’est sucré, doux et légèrement ambrée. Premier pas sur ma langue et pendant que ma glace à la vanille fond, c’est toute ma bouche qui s’emplit de ce subtil parfum. Je me balade, le cornet à la main, comme l’enfant serrant un ballon gonflé à l’hélium. Je me rapproche de la mer et mon parfum de vanille se pare d’un peu d’iode et d’effluves diffuses de citronnier. C’est tout le charme de l’Italie. Tout comme Icare, ma glace à la vanille s’étiole plus elle se rapproche du soleil. Je n’oublierais jamais ce parfum qui me ramène à l’enfance. Naples, une glace à la vanille et le parfum des vacances.

Beaucoup d’Indonésie, Beaucoup de parfums, Beaucoup de vanille

Terre d’Indonésie.Bali, l’île aux fleurs, temple de la spiritualité. Chaque pas est une occasion de découvrir un parfum. Fleurs de frangipanier, de jasmin ou d’ylang-ylang, c’est pour l’odorat une source inépuisable de raffinement. Un peu plus au nord, je marche vers Java à la rencontre des plantations de vanille. Tôt le matin, le ciel est chargé et la promesse se trouve au-dessus de ces jolies rizières. Je ne suis pas déçu devant ces vanilliers courbés sous le poids de leurs gousses bien lourdes. Plus je me rapproche, plus leur parfum est intense. C’est une amorce de vanille. Le parfum d’avant le parfum. La beauté de l’esquisse. Je rencontre les cultivateurs et leur amour de la vanille. Ils m’en parlent comme d’une enfant, d’une amie, d’une femme. Fatale avec son parfum de séduction. A la nuit tombée, j’ai rejoint mon hôtel. De jolis bungalows perdus dans une épaisse végétation, j’ai poussé la porte et elle m’attendait sur le lit. Cette femme distante que je pensais impossible à conquérir était à portée de mains. Deux jolis bâtons, élancés comme une paire de jambes nues, s’offraient à moi. Je n’ai pas résisté et je les ai mordillés. Un peu de vanille au bout des dents, un parfum puissant qui anesthésie mon palais. C’est elle qui a pris le dessus. Je me laisse faire. Je rends les armes. J’ai passé une nuit dans les bras d’un brin de vanille et son parfum a entouré mes rêves d’un cocon rassurant. Je suis retourné en Europe avec plein de souvenirs olfactifs et un petit flacon du parfum ‘Murmure des Dieux’, d’Une Nuit Nomade ; synthèse parfaite de mon séjour en Asie.